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Favoris, Zoom interculturel

Tout commence par une histoire d’huîtres

Image : Creative Commons “Amongst the oyster shells” by jo.elphick

 

        Que l’on soit un grand amateur ou pas du crustacé, il faut bien avouer que peu de gens, et moi la première, sont en courant de l’histoire interculturelle qui lie le Japon et la France autour de l’huître.

Car oui tenez vous bien, la France, le premier pays producteur et exportateur d’Europe cultive des huîtres d’origine japonaise ! C’est plus de 90% de sa production (voir 98% si on regarde les données fournie par le Comité National de la Conchyliculture). Alors ça vous laisse un goût iodé en bouche pour en savoir plus ? 

 

Pour ceux qui souhaite un article détaillé, j’ai fait cette découverte à travers la revue Koko, une toute nouvelle revue bilingue français-japonais dont le 2ème numéro sur la gastronomie aborde parfaitement ce sujet avec le titre “Kaki, mon amour”. Non ceci n’est pas un placement de produit il s’agit bien d’une revue que je recommande.

 

Parlons bien, parlons huîtres

        Plongeons dans la conchyliculture et plus particulièrement l’ostréiculture avec un peu d’histoire.

En France et ce depuis l’antiquité nous connaissons les huîtres, enfin surtout l’Ostrea eddulis, l’huître plate, dite huître indigène européenne. Aujourd’hui la production de cette huître est très marginale, enfin des petits villages d’ostréiculteur gaullois persitent 😉 avec l’espèce du Belon produite en Bretagne et en Corse.

 

L’huître plate a failli disparaître car elle a été supplantée par l’huître creuse portugaise la Crassostrea Angulata, qui arrive en 1868 dans l’estuaire de la Gironde. Et puis il y a eu un nouvel épisode, ou plutôt une épizootie, un virus qui dans les années 70 a condamné l’huître portugaise.

Les français ont donc fait appel aux ostréiculteurs japonais du Tōhoku (notamment les préfectures d’ Iwate et Miyagi) et d’Hiroshima pour leur envoyer des naissains, c’est le petit nom des bébés huîtres. C’est l’avènement de l’huître japonaise Crassostrea Gigas en France.

 

Rendre la pareille

Aujourd’hui les naissains ont bien grandi quand on voit la place qu’ils prennent dans nos plateaux de fruits de mer. Les bébés huîtres japonais ce sont bien acculturés à la France.

 

Mais l’échange ne s’arrête pas là. Lorsque le Tsunami de 2011 s’abat sur le Japon suite au tremblement de terre du 11 mars, la région ostréicole du Tōhoku est fortement touchée et les ostréiculteurs français vont rapidement rendre la pareille ( appelé o-kaeshi en japonais) en envoyant du matériel et surtout des naissains, ou plutôt les petite-filles et petits-fils de ceux envoyés dans les années 70 vers le Japon. Sacré famille !

 

A Toba où je travaille désormais, la ville est connue pour ses produits de la mer et notamment sa production ostréicole. Comptez sur moi pour me lancer à la pourshuître de nouvelles aventures marines.

 

 

Sources :

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