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Zoom interculturel

Quand les huîtres s’invitent en bord de mer, le kakitabehoudai

Image : vue depuis le restaurant Maruosuisan まる尾水産 dans le quartier de Uramura de Toba

Je vous préviens,  cet article sent l’iode et le bord de mer ! L’occasion de vous parler du concept de kakitabehoudai  (牡蠣食べ放題). C’est un endroit où l’on sert des huîtres… à volonté. 

Oui, oui, vous m’avez bien entendue, les huîtres sont à volonté.

 

La saison optimale pour les huîtres magaki (真牡蠣) à Toba est l’ hiver et se termine fin mars1. L’huître iwagaki(岩牡蠣), l’huître de rocher, se consomme d’avril à juillet1.

 

 

 

Nomihoudai, tabehoudai, alors pourquoi pas kakitabehoudai

Si vous vous êtes déjà rendu au japon, vous avez peut être entendu parler des restaurants qui proposent un nomihoudai (飲み放題) signifiant boissons à volonté ou un tabehoudai (食べ放題) signifiant nourriture à volonté. 

 

houdai (放題) est donc quelque chose qui vous sera servi autant que vous le souhaitez. Il s’ agit d’un incontournable des soirées japonaises et certains restaurants étendent le concept pour attirer des clients curieux avec d’autres services houdai comme par exemple les nattōtabehoudai* (納豆食べ放題).

 

Les restaurants kakitabehoudai (牡蠣食べ放題) s’inscrivent donc dans cette culture, dans une région ostréicole. Mais pour rassurer ceux qui comme moi ont du mal avec le concept du « tout à  volonté »,  vous trouverez dans le même restaurant kakitabehoudai ou dans d’autres restaurants la possibilité de commander la quantité que vous souhaitez.

 

 * Le nattō se compose de graines de soja fermentées et constitue un aliment courant du régime japonais avec ses adeptes et ceux qui le sont moins.

 

Les huîtres sont les mêmes qu’en France mais pas la manière de les préparer

 

 

Si vous êtes déjà tombé sur l’article Tout commence par une histoire d’huîtres vous avez peut être vu le lien fort qui existe entre la France et le Japon par rapport aux huîtres. Cependant la culture culinaire et notamment la manière de les préparer est très différente.

 

Elles ne sont pas servies crues mais bien cuites à la perfection. Cette expérience me rappelle beaucoup celle de « manger des moules marinières en bord de mer ». Et bien à Toba on fait la même chose avec des huîtres ! 

 

Un autre manière de les cuisiner et de les faire frire, on les appelle dans ce cas kakifurai (牡蠣フライ) pour dire des huîtres frites.

 

Pourquoi dans une région, qui plus est ostréicole et pour un pays si connu pour manger du poisson cru, on ne mange pas les huîtres crues ? En fait, il est possible de trouver des endroits où l’on mange des huîtres crues au Japon mais cela reste rare. Une des raisons évoquées dans la revue Koko2 est la peur d’une intoxication alimentaire.

 

Une manière que je trouve pour expliquer cette peur de l’intoxication alimentaire est un peu la même peur pour les Français de manger des œufs crus. Au Japon, manger des œufs crus est très courant comme garniture dans les plats. En France on pense de suite au risque de contamination par des bactéries notamment les salmonelles. En résumé, manger des huîtres crues au Japon reviendrait à manger des œufs crus en France !

 

N’oublie pas ton alcool

 

Autre fait surprenant pour nous, vous avez le droit d’amener votre propre boisson notamment des boissons alcoolisées, et condiments. Les personnes qui m’accompagnaient, rodées à l’exercice, avaient amené leur petite glacière mais aussi des sauces plus ou moins piquantes, sauces citronnées ou encore du parmesan.

 

Si j’analyse le menu en japonais du kakitabehoudai, il est d’abord écrit que les huîtres cuites viennent avec du riz aux huîtres, de la soupe miso et trois kakifurai que j’ai mentionnées (huîtres frites).

 

Au dessous du prix deux informations importantes :

 

時間無制限  → jikanmuseigen  → sans limite de temps

持ち込み自由 → mochikomijiyuu → libre de ramener ses propres boissons et condiments

 

L’autre intérêt des kakitabehoudai, prendre son temps et profiter de la vue

 

 

Comme je viens d’en parler sur le menu, il est indiqué qu’il est possible de rester sans limite de temps.

 

Pour ceux qui se sont déjà rendu au Japon, vous savez que cette précision est plutôt rare tant les restaurants japonais font en sorte que leurs clients restent un temps bien déterminé dans leur établissement. Le service sera impeccable mais la loi par rapport au temps est celle de l’optimisation. Un client qui reste à une table sans consommer fait figure de mauvais client.

 

Avec les kakitabehoudai, l’idée est de profiter d’un bon moment. Je vous recommande de vous rendre proche du quartier d’Uramura où vous pourrez profiter de la vue sur la mer tout en vous régalant avec de bons fruits de mer. 

 

Il ne vous reste qu’une chose à choisir, c’est la bonne compagnie !

Pour aller au plus pratique,  Vous pouvez trouvez la carte des restaurants de kakitabehoudai de Toba, en anglais, sur le lien suivant. (carte mise à jour, novembre 2022)

Sources :

(1) Site 魚ポチ uopochi (calendrier en japonais) : https://uopochi.jp/info/faq/kaki-shun/ ()
(2) Revue Koko #2 zoom sur sur la gastronomie, article “Kaki, mon amour”, p35 ()

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